Le médiateur numérique aura bientôt son statut

C'est peu le dire, il se passe plein de choses dans le petit-grand monde du numérique. Cette fois, cela nous concerne de très près, nous les EPN. En effet, dans le projet de de loi sur le Numérique que les députés et les sénateurs examineront et voteront au deuxième trimestre prochain, une part est consacrée à ce que nous nommons depuis quelques années déjà la médiation numérique.

Finie la fracture numérique et place à l'inclusion, la médiation et la littératie numériques. Finis les animateurs multimédias et les coordinateurs d'EPN, faites entrer les médiateurs numériques !

Mercredi 14 janvier dernier, un débat sans vote à l'Assemblée nationale avait été mené sur la "stratégie numérique de la France". Le lendemain, Axelle Lemaire, secrétaire d’État chargée du Numérique, faisait un discours d'une quinzaine de minutes intitulé "Construire ensemble la République numérique" dans lequel elle annonçait les intentions du gouvernement pour son projet de loi.

Un(e) statut pour les médiateurs numériques ?

Parmi les mesures que prévoit la loi, la création d'un statut pour les médiateurs numériques est une bonne nouvelle pour notre profession qui manque cruellement de structuration et de reconnaissance.

Voici comment, en 13 secondes, Axelle Lemaire présente la chose dans son discours du 15 janvier à l'Assemblée :

Il faut reconnaître un statut à ce métier de médiateur numérique qui est essentiel dans les territoires, dans les espaces de rencontres pour permettre la diffusion des usages et l'inclusion de tous (Axelle Lemaire, 15 janvier 2015, discours à l'Assemblée, "Construire ensemble la République numérique" - 15:17-15:30).

Au-delà de cette annonce, cela signifie que des conseillers planchent sur un article spécifique destiné à définir :

  • Les missions et les niveaux d’intervention d'un médiateur numérique
  • Les profils de postes
  • Les référentiels de compétences et de formation (aptitudes générales, aptitudes techniques et de formation)

Une fois le statut établi, l’exercice de l’action du médiateur numérique sera soumis à la délivrance d’un agrément. Le niveau de diplôme requis sera de l'ordre du master 1 (bac+4).

Une chance à saisir pour les salariés et futurs salariés

C'est un premier pas vers une reconnaissance pour le travail que nous effectuons depuis bien longtemps (environ vingt ans pour les plus anciens) auprès des citoyen(ne)s de tous âges et de toutes conditions. Espérons que les médiateurs-trices numériques actuel(le)s et futur(e)s sauront se saisir de cette opportunité pour s'organiser et structurer au mieux leur profession en créant des instances représentatives capables d'assurer, sur le plan national, la défense des intérêts matériels et moraux de leurs membres. A quand par exemple une convention collective adaptée à notre métier ? A nous de montrer notre capacité à nous unir et à agir collectivement ailleurs que sur les réseaux sociaux.

2 pensées sur “Le médiateur numérique aura bientôt son statut

  • 23 mai 2017 à 14 h 02 min
    Permalink

    Bonjour,
    cela fait plus de 10 ans que mon fils est employé dans des espaces publics numériques avec des CDD qui se renouvellent. 2 au total.
    Cette année, cela semble plus difficile car la communauté de communes qui l’emploie à fusionné. Les contacts sont différents et guère constructifs.
    Je pense qu’il serait temps de doter ces structures et le personnel de véritables statuts leur permettant d’organiser au mieux leur travail . Médiateur numérique est un métier qui doit être reconnu et rémunéré à sa juste valeur . Il ne s’agit plus maintenant d’initier à l’usage de l’Internet un public de tous âges mais de former via les fablab ( entr’autres) des professionnels locaux qui sont demandeurs.

    je vous remercie pour l’ attention que vous portez à mon message.

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    • 25 mai 2017 à 13 h 13 min
      Permalink

      Bonjour,

      Merci de votre témoignage et de votre analyse qui me semble plus que pertinente.

      La précarité et le manque d’évolution dans les EPN est une réalité, même si tous les animateurs et coordinateurs de ces structures ne sont pas logés à la même enseigne selon qu’ils se trouvent dans des structures associatives, communales, intercommunales, privées…

      Les régions françaises n’ont pas non plus la même approche ni la même conscience de la médiation numérique. Certaines sont plus dynamiques, plus engagées que d’autres. Quoi qu’il en soit, à l’heure où le numérique est partout, à l’heure où il progresse de jour en jour et où il crée mécaniquement des écarts (parfois énormes) entre les technologies et les utilisateurs, il est plus que temps de codifier et d’encadrer, comme il se doit, les nouveaux métiers de la médiation numérique : médiateur numérique, fabmanager, facilitateur fablab, forgeur numérique… Définir un statut pour ces métiers passe nécessairement par la création de :

      • textes législatifs ;
      • certifications, diplômes et titres professionnels ;
      • instances professionnelles et paritaires : syndicats, fédérations…

      La mise en place de ces cadres relèvent en France de l’État, par le biais des grands ministères comme l’Éducation nationale et celui chargé de l’Emploi, des employeurs et des salariés eux-mêmes.

      L’Agence du Numérique a aujourd’hui sont mot à dire et c’est pour cela qu’elle lance depuis peu La MedNum qui entend animer le réseau des acteurs de la médiation numérique et vendre des services d’expertise et de formation aux différents territoires qui en feront la demande.

      Du côté des salariés, c’est là que le bât blesse. Une initiative courageuse avait été menée par des médiateurs numériques, avec la création de l’association Numedia voulant se structurer comme une organisation professionnelle capable de promouvoir et défendre les métiers de la médiation numérique. Malheureusement, faute de moyens (les membres actifs étaient tous bénévoles) et de relais, la dynamique s’est essoufflée.

      Il est fondamental que les salariés de ce secteur prennent conscience de l’importance de construire des instances à même de les représenter pour leur donner un statut et pour mettre en valeur leur travail quotidien auprès de nos concitoyens en difficulté.

      C’est par les actions collectives et durables que les innovations se créent et que les choses avancent. En France, les chauffeurs VTC et les livreurs à vélo ont su le faire récemment pour entamer des actions contre les plateformes qui les exploitent.

      Pourquoi les médiateurs et médiatrices numériques n’en feraient pas autant ? À l’heure d’Internet et des civictechs, il est encore difficile à comprendre que des professionnels du numérique ne parviennent pas à se fédérer pour mener des actions collectives.

      Votre fils peut, avec des homologues de son département, puis de sa région, se rassembler, mener des réflexions, participer à des groupes (voir le groupe « Médiation Numérique » sur Linkedin), créer des buzz pour attirer l’attention des médias…

      Faites passer le mot !

      Cordialement

      Yann

      Répondre

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